Google assemble

Google est une société passée en maître de l’acquisition, l’organisation et le recoupement des données. Appréciée dès le milieu des années 1990 quand le WEB prenait son essor, la page de Google qui comporte une simple ligne – pas de fioriture, de GIF animés et de surcharge si tentantes aux débuts, a su s’imposer.

Et Google a organisé le grand foutoir de données qu’est le WEB. Mais maintenant, quand on lui donne la main, Google prend le bras. Comment ? par recoupement. Voici trois exemples.

Avec un login, la position est sue.

 

Lieu géographique

Google n’a pas numérisé que des documents ; mais aussi la géographie. Les mobiles ont le géoréférencement GPS possible. Une grande part d’entre eux sont doté de l’OS Androïd (créé par Google). Si vous l’enclenchez, Google connait votre position. Souvent pour faire des trucs amusants, comme vous demander quelle note vous donneriez à un bistro, dès qu’il repère que votre position est stable dans à son environ. Et par-là nourrir sa base de données et le « ranking » des établissements.

Amusant : lorsque je vais en visite chez mon fils puiné, qui habite en dessus d’un bistrot, j’enclenche le positionnement. Plus tard, Google me demande des trucs à propos du bistrot comme « Est-ce que les cartes sont acceptées comme moyen de paiement ?».

Donc le géant des données croise l’index de ma position et celle des commerces à proximité ; si la durée est suffisante, les interrogations – et probablement les propositions – interactives sont déclenchées et viennent alimenter son immense base de données. Mais que va-t-il faire, si ensuite je passe à la pharmacie… ? Ou à l’office des poursuites ? Ou au poste de police ?

Photo et position… supplémentaire

Au début de l’été, lors d’un pinique, je confie à mon fils cadet un appareil de photo. Ce modèle contient un GPS intégré : les images prises sont géoréférencées. On peut aussi enclencher un suivi en continu : il remplit alors un fichier de points. Comme la conversion des données n’est pas évidente, je lui fais la démonstration d’une transformation des coordonnées GPS d’un référentiel à l’autre, au moyen du programme GPSBabel https://www.gpsbabel.org/ . Après quelques tâtonnements, voilà le fichier KMZ créé. Après d’autres tâtonnements, on le charge sur Google map.

Surprise !

On y voit non seulement le pinique lorsque l’enregistrement est démarré ; mais aussi un tracé sur Genève que mon fils a fait le lendemain : ceci est attendu. Ce qui l’est moins, c’est l’entrelac à Lausanne ; Yverdon ; la Chaux-de-fonds ; aux Brenets ! En fait, les points ont été déposés avec mon compte Google (il faut un compte pour déposer des traces GPS) ; et Google y a joyeusement ajouté les positions de mon mobile que j’avais enclenché au début des vacances ; mais ces points sont issus de mon mobile, une semaine après le pic-nic…

Photo et positionnement… déduite

Lors d’un weekend prolongé, j’utilise un nouvel appareil de photo, cette fois non géoréférencé. Comme on ne sauve jamais trop ses « moments », je pousse les images sur Google photo (https://photos.google.com ), à partir de mon compte bien sûr. En principe, elles restent privées ; on peut les partager individuellement ou par album via un lien ad-hoc.

Surprise !

Les infos de la photo montrent un lieu estimé : Binn. Et effectivement, les photos ont été prises dans le Binnthal. Alors que sans géolocalisation, normalement Google pose la question « Où cette photo a-t-elle été prise ? ».

Dans ce cas, Google s’est reporté au infos GPS de mon mobile : j’étais à Binn. Les infos EXIF de la photo donnent la date et l’heure… Une position, un horodatage qui coïncide, et le tour est joué.

Yves Masur (9/2018)

 

Sortir de NetworkSolution, le souk!

Tribulation d’un nom de domaine

Évolution du marché des registrars

Le nom d’enregistrement d’un nom de domaine sur le WEB ne va pas de soi. Suivant l’extension désirée, l’enregistrement se fait par un registrar local (exemple nic.ch pour les domaine en .ch ou en .li) ou par un registrar américain (exemple pour les .org, .com ou .net). Cependant, les noms génériques se sont généralisés, à l’heure actuelle, beaucoup de registrars proposent .eu, .name, .biz par exemple. En 2000, j’avais enregistré le nom « sveh.org » auprès de networksolution.com. Ce nom barbare signifie « association suisse de parents d’enfant déficient auditifs » en allemand; soit « aspeda » en français (voir : http://www.aspeda.ch ). Le site svehk.org n’a qu’une page de redirection sur svehk.ch. Le prix pour 3 ans était alors intéressant, env. 24$/an.

En janvier 2003, Networksolution, à la suite d’une mauvaise manipulation laisse filer dans la nature les informations des centaines de milliers de sites qui sont enregistrés chez elle. Cependant, c’est par flemmardise que je n’entreprend pas de changement de registrar ; malgré l’effervescence du WEB, les prix qui baissent. Je continue pour 5 ans. Puis pour 3 ans.

Tentative échouée

A l’automne 2012, je me dis que je vais laisser courir le délai de la redevance et ouvrir le site chez un registar meilleur marché. Grave erreur, ne faites pas ça !

Une fois le délai écoulé, je compte ouvrir le nom chez un nouveau registrar. Mais au moment du test pour voir si le nom est libre, il est indiqué occupé. Par qui donc, puisque le bail est terminé ? Eh bien par Networksolution, qui le met aux enchères, via un « partenaire », namejet.com. Il faut payer $69 pour le récupérer… J’essaye de payer la redevance malgré le bail dépassé. Pas question : Unfortunately, we were unable to process your request. None of the services in this order have been fulfilled, including items that have deferred payments. Echec, donc.

Bref je dois passer à la caisse pour récupérer le nom, et payer la redevance pour une année au prix fort. Mais je suis aussi fort décidé à changer de registrar, surtout après un tel coup.

Sortir de Networksolution

Six mois plus tard… rappel de renouvellement du bail. C’est le moment, car il faut initier la procédure avant la fin de bail. La méthode est :

  1. obtenir un code de tranfert de Networksolution
  2. activer le transfert chez Gandi (https://www.gandi.net/ )

Pas si simple du côté de Networksolution. Gandi met en garde, et avise :
Si vous effectuez n’importe quelle modification de votre Primary User (contact propriétaire) chez Network Solutions, Network bloquera automatiquement le transfert de votre nom de domaine pour 60 jours. Vous pouvez leur demander de débloquer votre domaine, mais vous devrez pour ce faire contacter leur support. Il vous sera probablement demandé de faxer des justificatifs d’identité.

Tout est fait pour rendre la chose difficile. Sur le site, aucun menu, sous-menu pour transférer un site. Parce que, transférer, c’est seulement dans le sens « autre registrar » à Networksolution…0-bloque

Une fois le code de transfert demandé, il faut attendre… 3 jours pour le recevoir par email. Et là, est.ce tout bon ? Non… il faut débloquer le site. Est-il si récent ? 10 ans ne sont pas suffisants ?1-debloc

Et une dernière tentative de retenir par la manche : une offre soudainement à 10$:2-stop

Et une petite menace pour se dégager de toute responsabilité en cas de malheur :

3-assure

Et un questionnaire : mon Dieu, pourquoi nous quitter ? Ils n’en sauront rien : je ne vais même pas les renseigner sur leurs concurrents.

 4-questions

En guise de conclusion : il n’est inutile de sortir d’un registrar quand il dépasse son rôle pour devenir un harpon commercial, tentant de faire de vous, pauvre webuser, un client captif et corvéable à merci. Même s’il faut retrousser ses manches plus que la raison n’en demande.

Yves Masur (7/2013)