Router Internet en NAT avec un PC

Besoin

La configuration est la suivante : vous avez un PC portable (ou pas…) qui est connecté en Wi-Fi à Internet, et vous voulez router l’internet sur sa prise LAN sur laquelle peuvent être connectés différents hardwares, mais qui n’ont, eux, pas de Wi-Fi. Ou une connexion Wi-Fi est obtenue avec un code, et vous avez besoin de la partager.  Les différentes possibilités de partage sont décrites sur ce blog : https://anwaarullah.wordpress.com/2013/08/12/sharing-Wi-Fi-internet-connection-with-raspberry-pi-through-lanethernet-headless-mode/

Le matériel minimum suivant est requis :

  • Un routeur Wi-Fi, connecté sur l’Internet
  • PC avec 2 connexions LAN : Wi-Fi et RJ45 ; l’OS Win10 (Win7 aussi testé)
  • Un câble LAN croisé (rouge)
  • Un « device » à connecter, par exemple un RaspBerry Pi 2

Bien entendu, le « device » peut être autre : Arduino, second PC, etc.

Bref, un schéma est plus simple pour l’expliquer.


Le PC est connecté sur le routeur internet par son Wi-Fi, et le RaspBerry Pi par un câble croisé (câble rouge) à la prise LAN du PC. Bien entendu, un petit switch qui s’occupe du croisement automatiquement irait très bien aussi.

Partager la connexion

Il y a 3 options (ou peut être plus) pour établir la liaison :

  • Le Network Translation Adress, ou NAT
  • Le pont – transparence de connexion
  • Le partage de la connexion

Activer le NAT

On va utiliser la première, car vu du routeur Wi-Fi, seule l’adresse du PC est distribuée. Les autres options demandent au routeur Wi-Fi de distribuer en DHCP une adresse supplémentaire pour le RaspBerry.

Le NAT s’occupe de modifier les paquets IP pour changer l’adresse de la carte A en adresses de la carte B. C’est utilisé pour créer des sous-réseaux, et grouper une série de machines avec une seule adresse sur l’Internet. Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Network_address_translation

Réglage des cartes LAN

Partage du WI-FI

  • Clic Droit sur icone Windows de la barre des tâche-> Connexions réseau
  • Clic droit sur le Wi-Fi -> Propriétés
  • Onglet « partage »
  • Cocher « Autoriser… » et décocher la seconde option si besoin

Si vous avez plus d’une carte, il faut choisir laquelle sera utilisée pour ce partage:

Après quelques secondes, la carte Ethernet obtient la configuration suivante, à vérifier en ligne de commande par ipconfig :

Ou encore en ouvrant la carte Ethernet et en lisant ses propriétés IPV4. Au départ, les champs sont vides : ils sont remplis par le partage de connexion. La carte prend l’adresse 192.168.137.1/24. L’adresse de la passerelle reste vide, ainsi que les DNS.

Contrôle de la connexion NAT

  • Connecter le RaspBerry sur le LAN du PC, à savoir la carte Ethernet
  • L’enclencher, pour qu’il prenne une adresse IP

Si le Raspberry était déjà allumé, il aura pris une adresse bidon, genre 169.x.y.z et un masque réseau 255.0.0.0. On peut redémarrer les services réseau avec les commandes Linux:

sudo ifdown -a

sudo ifup -a

  • Vérifier l’adresse prise par : ifconfig et la noter pour la suite
  • Vérifier l’accès à Internet avec : ping ch.ch (ou autre site répondant au ping)

Limites de la connexion NAT avec Win10

L’adressage du sous réseau ne peut pas être choisi ; c’est Windows qui décide. Selon les essais, l’adresse de base est toujours 192.168.137.1, avec un réseau de classe C, à savoir 253 adresses à disposition, ce qui suffit amplement.

Avec un laptop qui se met en veille… le partage disparait ! La carte Ethernet (du PC donc) reprend une adresse du genre : 169.254.245.127, et un masque 255.255.0.0. Remettre la coche du partage sur la carte Wi-Fi relance la fonction NAT ; et si cela n’a pas duré trop longtemps, le « device » connecté aura gardé son adresse et reprend sa liaison. On peut bien sûr tester avec la commande ping ch.ch pour en vérifier la fonctionnalité.

Yves Masur (4/2017)

Clef USB flash en mode RAW – retrouver les fichiers

Retirer la clef USB de stockage d’un PC sans l’éjecter peut fonctionner assez longtemps ; mais une fois, un jour, on se retrouve avec un problème. Le problème ? la clef ne peut plus être lue. Windows ne propose pas moins que de formater l’unité.

01FormatF

Peut- on retrouver les fichiers dans un tel cas ? Cet article montre un cas réel d’un confrère de la musique à qui c’est arrivé. Mal lui en prend, il travaille et sauve ses photos, données, courrier seulement sur la clef USB. D’où l’importance – jamais assez dite – de faire des backups. Mais le mal est là, alors je lui promets de tenter ce qui est en mon pouvoir pour récupérer quelque chose sur sa clef de 32 Go.

Comme prévu, la clef est illisible ; je passe sans formater, bien sûr. Selon Win10, il y a 0 octets disponibles sur une capacité de 0 octets.

02nodata

L’outil classique, dans un tel cas, est de lancer CHKDSK en vue de restituer la table d’allocation des fichiers. Mais c’est plus grave :

10chkdsk

Une recherche sur le net avec les mots « raw usb flash drive repair » montre une série de liens sur des forom (parfois très anciens) et des pubs pour des outils de réparation. J’en essaie quelques-uns.

Essai avec M3 Data Recovery

Site: http://www.m3datarecovery.com/

Une fois lancé avec les bons paramètres, soit : un répertoire de destination des (éventuels) fichiers récupérés et l’unité à découvrir, il se met en route pour reconstruire le secteur d’amorce, durée environ 1H40.

30m3-buildbootsector

A la fin, il nous présente deux dossiers : NTFS et FAT32. Ce dernier comporte une liste de répertoires avec un n°, c’est encourageant. Comme il faut une licence pour en extraire plus de 4, j’y vais déjà avec cette limite pour voir ce qui en sort.

32m3-data-recovery

Résultat : pas terrible. En effet s‘il y a bien des fichiers, ceux-ci restent illisibles autant pour Word (.doc) que pour Irfanview (.jpg)…

32word-nook

33irfanview-no-header

Essai avec ZAR X

Site : http://www.z-a-recovery.com/

Cet utilitaire permet la récupération d’images (gratis), de données Windows et Linux, de disques en mode RAID cassés – ce qui étonnant, puis que le montage de disques en RAID est prévu pour la perte d’un disque dans un agrégat. Comme quoi…

41zarx-recover

Là également, il faut environ 1h30 pour lire l’entier de la clef USB. Il présente aussi l’arborescence des fichiers, mais avec leurs noms ce qui est encourageant. La version démo permet aussi d’en lire et d’en sauver une partie, ce que je fais. Comme les fichiers sont propres et utilisables, je paie la licence complète, environ CHF 76.- au cours du jour. S’il faut relancer le programme pour lui appliquer la licence, ce n’est pas une perte de temps, car le scan précédent peut être sauvé dans un fichier de configuration que l’on peut reprendre plus tard.

42zarx-filescopy

Les données de mon ami sont sauvées. Ouf !

Essais complémentaires

Il est indiqué sur tous les forums ou tutos sur la question : NE FORMATTEZ PAS VOTRE CLEF USB !

Mais d’un autre côté, si la FAT32 est pourrie, qu’est-ce que ça peut faire de pire ? Et peut-être, on peut aussi récupérer les fichiers, mais sur une unité lisible par Win10 ?

Je procède au formatage ; en mode rapide, bien sûr. Sinon, tout est à zéro, il n’y a rien à récupérer. L’unité F : est désormais présente, et elle affiche 29 Go libres.

Testdisk 7.0

Site : http://www.cgsecurity.org/wiki/TestDisk

Ce programme libre permet de restaurer/modifier des amorces défectueuses, et de modifier/restaurer des partitions et/ou des fichiers. Les menus sont simples, en écran texte. Ce choix est sûrement du fait que le programme est prévu pour tourner sur plusieurs systèmes d’exploitations différents : Dos, Windows, Linux, Mac OSX, etc…

51 testdisk

Pour le choix de l’unité, il faut avoir l’œil car c’est selon le principe d’UNIX qu’elles sont montées ; mais aussi répétées avec lettre de lecteur :

51testdisk-nofiles

Peut-être se fie-t-il trop aux infos de la FAT32 trouvées sur /dev/sbc ; il ne trouve rien à redire, mais pas de fichiers non plus. Pas utile pour ce cas.

Piriform Recuva

Site : https://www.piriform.com/recuva

Vous connaissez sans doute CCleaner ? C’est le même éditeur. Calibré pour Win10, une fois lancé il reconstruit la liste des fichiers en 43 minutes. Mais ils ne sont tous un seul répertoire. De plus quelques fichiers au nom trop long ne seront pas restaurés sans corriger leur nom manuellement.

Recuva-recovering-3H

Le résultat est mitigé. Il faut 3 heures pour extraire les fichiers de la clef ; c’est du tout-venant. Il y a bien entendu des fichiers « normalement » effacé, comme les temporaires, les fichiers de verrou comme « .~lock.TS1.docx# ». Une bonne part des images en jpeg sont cassées. Un moyen simple est de prendre les fichiers dans l’ordre de leur date ; les plus frais sont intacts et récupérables. Mais c’est un travail de bénédictin que d’en retirer les valides, d’autant plus que l’arborescence des répertoires a disparu. Je soupçonne fort que certains fichiers au nom de « ÿÿÿÿÿÿÿÿ_1.ÿÿÿ » pesant 4 Go en fasse partie…

61recuva-filesfound

Bref, c’est une solution gratuite, mais de désespoir.

Conclusion

En cherchant bien, on peut récupérer plus ou moins bien des données sur une clef (ou un disque dur) pourri. Mais… il faut avoir du flair ; les outils de récupération performants se paient. Si ça fonctionne, tous les fichiers vous seront proposés. Même des anciennes versions, des écrasés, des partiels et des tas de temporaires ; à vous de les effacer à nouveau après la restauration.

Faites des copies ; des backups, des sauvegardes de vos données, ce n’est pas une perte de temps.

Yves Masur (2/2015)