Photo numérique: de 2 à 20 megapixels

Petit historique d’expériences d’un photographe amateur

Au début 2001, j’avais acheté un premier compact numérique: un Canon IXUS à moins de 1000.-. Un appareil très portable, mais à l’autonomie limitée: une

randonnée d’une journée épuisait presque la batterie. C’est à cette époque que j’ai pris l’habitude d’allumer au dernier moment, cliquer et éteindre immédiatement après. Je me souviens n’avoir pu prendre que 4 photos sur des pistes, lors de froid intense. La résolution de 2 Mp était pour moi suffisante ; la qualité du capteur étant vraiment bonne.

Auparavant, j’utilisais un Canon réflexe, passablement lourd (950 g) et encombrant. Cependant, les objectifs étaient de qualité : un 50 mm qui ouvre à f 1,2 ; un 35 mm et un zoom 70-210 mm, 900 g supplémentaires ; le support étaient des diapositives Kodachrome, 36 photos par film. Autant dire qu’au passage au numérique, le souci d’encombrement et du poids s’est envolé : je faisais plus de photos qu’avec le réflexe et tout aussi belles ; dans une résolution similaire. Au lieu d’attendre plus d’une semaine, je pouvais voir le cadrage immédiatement et la qualité le soir même sur le PC.

Toutefois, je restais sur ma faim concernant la rapidité de prise de vue : impossible de photographier un enfant sur une balançoire en mouvement ; ainsi qu’agir sur les automatismes de vitesse et d’ouverture alors incontournables.

Après quelques années (en 2006), j’ai passé à l’IXUS 850, comportant un capteur 7,1 Mp et un zoom de 3,7 fois (4.6 – 17.3mm). L’autonomie était bien supérieure et n’était plus un problème. La résolution non plus : elle s’est révélée suffisante pour un photomur, soit tapisser le mur d’une chambre d’une seule de ces photos. De plus, on pouvait choisir le focus par un bouton : macro – portrait – paysages. Le flash était dé-sélectionnable (mais pas forçable). L’écran de contrôle, qui a eu rapidement des pixels morts, était toujours peu lumineux : on n’y voyait rien en plein soleil. Ceci étant compensé par un viseur optique.

Expériences avec le Sony DSC-HX50V

Peut-on faire mieux ? Mieux qu’un téléphone portable, dont la prise de vue dépend de la poussière sur l’objectif et des x menus à activer pour – enfin – tenter un clic minable ? Bien sûr ! Jusqu’ici, je n’ai considéré que des appareils de photos provenant de marques reconnues. Maintenant, tous les fabricants d’électronique en mettent dans leurs assortiments.

DSC_HX50V

J’ai craqué pour un Sony DSC-HX50V, soit un concentré de technique pour un prix abordable, officiel 495.- ; rabais de 10%, peut-être plus au moment où vous lisez ces lignes. Ses caractéristiques en vrac : Capteur 20.4 Mp, zoom optique 30 x, ouverture 3.5 – 6.3, écran 0.9 Mp de 4.5 cm, poids 272 g, avec USB, WiFi et GPS intégré.

Réglages initiaux

Un concentré de technique rime souvent avec menu tarabiscoté. Cet appareil n’y échappe pas ; c’est pourquoi je me suis exercé avant de partir en vacances. Malheureusement, le mode d’emploi (très épais) s’adresse à la planète : il est rempli de peu d’info … en 18 langues.

Vous l’aurez compris : je ne suis pas un pro de la photo ; pourtant, j’aime bien faire des prises autres que des portraits et des paysages en pleine lumière. À l’instar des appareils récents, le capteur est doté de 20.4 Mp, c’est à dire trop. J’ai réglé l’enregistrement des images à 10 Mp, suffisant pour un tirage au format A3 selon Sony. La taille des fichiers comprimés en JPG à qualité (fixe) de 94% se situe entre 4 à 7 Mo. Utilisant une carte SD de 32 Go, l’appareil m’indique un potentiel de 6600 photos…

Mode rafale

Très utile pour capturer un instant difficilement identifiable dans un mouvement, il permet par un tri ultérieur de prendre LA photo idéale d’une action. Par contre, si on l’active et on l’oublie… On est bon pour effacer des kyrielles de photos indésirables ! Et malheureusement, ni le changement de mode, ni l’extinction de l’appareil n’effacent cette fonction. On s’en aperçoit à la visualisation, qui indique un groupe ; d’images au timing rapproché. L’exemple ci-dessous montre un jeune qui plonge depuis un rocher dans le Tarn.

R2 R3R4R5R7R8R9Ra

Zooming

Le zoom est extrêmement utile pour bien cadrer son sujet, sans devoir changer de position. Sur les nouveaux modèles, on constate deux tendances contraires : le fixe, comme anciennement dans les instanmatic ou son augmentation à 5, 10, 15 fois. Ici, il est exceptionnel: 4.3 à 129 mm (ce qui correspond à 24 – 720mm pour le film 35mm). Poussé au max, vaut mieux ne pas trembler ! Le stabilisateur électronique aide certes, et on peut réussir des prises debout. L’ouverture reste suffisante ; si la lumière est faible, on peut pousser l’ISO sans trop amener de bruit dans l’image. Les spécialistes verront de l’aberration chromatique dans les transitions de lumière ; elle reste bien raisonnable pour l’amateur que je suis. Voici une prise de vue du temple de Château d’Oex, qui montre les possibilités extrêmes de cet objectif.

[Z1.jpg] Zoom min Focale : 4.3mm ; V : 1/640 F:3.5 ISO : 80Z1

[Z30.jpg] Zoom 30x, focale : 128mm ; V : 1/250 F:6.3 ISO:160Z30

On peut encore pousser plus loin, avec le zoom numérique. Oui, il donne de meilleurs résultats que d’agrandir la partie intéressante sur le PC. Probablement, une meilleure utilisation des pixels en mode RAW, avant la compression JPEG.

Avec un trépied, on peut même photographier la lune. Par contre, pour une exposition correcte, il faut passer par les réglages manuels. La voici en taille originale de env. 740 pixels.

Lune_c

Macro

La distance minimum est de 2,5 cm. C’est donc plus un mode rapproché qu’une macro. À cause du grand angle, la macro n’est pas aussi spectaculaire que le zoom. On peut cependant prendre des fleurs et des insectes avec un grossissement qui représentent l’objet à environ 5:1 sur un tirage A6.

[macro.jpg]macro

Les raisinets de cette prise donnent une bonne idée de la taille de l’insecte.

Focus

Automatique, celui-ci peut être pris en défaut malgré les nombreuses possibilités de fenêtres d’intérêt : centre, multipoints, visages… En essayant de prendre des vautours entrain de planer avec un zoom important, avec sortie du sujet du champ, l’autofocus pouvait de perdre dans l’infini du ciel ; puis mettre un temps important (bon, 1 seconde..) à re-focusser l’oiseau. Ma première araignée n’a pas pu être photographiée, avant que je trouve moyen de prendre le focus sur une feuille à la bonne profondeur de champs.

[Araignée-guêpe]718. araignée-guêpe

Panorama

Lorsque le paysage est particulièrement beau, on a envie d’en garder en souvenir un panorama, soit un angle plus large que la vue dé-zoomée au maximum. La technique classique consiste à prendre une série de photos avec un recouvrement important, de 35 à 50%. Ensuite, avec un logiciel idoine, on ajuste le tout. Plus facile à dire qu’à faire: un décalage trop important en hauteur rend le raccord impossible. En outre, il y a forcément la luminosité qui varie: a moins de passer en mode manuel et force vitesse et ouverture, la teinte entre deux photos sera différente. Avec le Sony, ce casse-tête disparait: le mode “panorama” demande à l’utilisateur de balayer la scène de gauche à droite tout en maintenant le déclencheur enfoncé. Il compose l’image de 4192 x 1080 pixels par une série de prises rapides. Notons toutefois que si l’on n’utilise pas tout l’angle à disposition, l’image est complétée par une bande grise à droite; qu’il faudra découper par la suite.

[panorama]Pano

Modes manuels

Suivant les conditions d’éclairage ou de l’effet souhaité, le réglage automatique ne choisit pas les meilleurs paramètres. Commune à tous les modes, une molette permet de forcer l’exposition de -3 à +3 diaphragmes ; très pratique, plutôt que de fouiller dans des menus. Un bouton « custom » permet – par défaut de corriger la sensibilité ISO dans les modes manuels. Avant de les utiliser, mieux vaut avoir testé les effets avant de se retrouver le nez sur une scène à – Vite ! Vite ! – immortaliser. Tout est réglable, certes. Il m’a fallu toutefois quelques heures avant de m’y faire ; faute au mode d’emploi spartiate. A postériori, j’ai vu que le mode d’emploi électronique était plus fourni… mais difficile de le lire tout en manipulant les commandes ! La molette de commande permet en effet, par rotation, d’influencer le paramètre choisi : ISO, vitesse, ouverture.

À l’écran, le paramètre touché s’affiche en plus grand : une fois le bouton central pressé, il est mémorisé. On passe au suivant lorsqu’on est dans le mode « M ». Et là encore, avant d’aller au devant d’un scène demandant de telles manip, il faut faire quelques essais. Ces réglages peuvent être sauvés et rappelés en 3 jeux. Je dois avouer que tourner la bague de l’ouverture ou la molette de vitesse de mon ancien réflexe était plus intuitif et direct…

WiFi – Playmemories home – USB

Le WiFi ? Il permet de commander l’appareil avec un Iphone ; de lui envoyer des photos (bon sang, la taille!) ou le contraire, recevoir une photo de l’IPhone. Perso, je ne vois pas bien le but de la manœuvre. Cas plus concret, envoyer des photos sur un PC en réseau WiFi. Il faut pour cela installer l’application « Sony Playmemories home ». (http://www.sony.net/pm/ ) Cet utilitaire facilite la connexion d’appareils de photo Sony (autre aussi, peut-être ?), et fonctionne comme gestionnaire de photo, comme Picasa pour ceux qui le connaissent. Il a reconnu mon arborescence de photos, classées par répertoires années/mois et éventuellement sujet. Il présente la liste des photos dans un calendrier, une liste, ou des imagettes.

Du moment qu’il est installé, un pilote connecte l’appareil de photo comme une clef USB, et en propose l’importation. Évidemment, il a sa propre structure de stockage… Il importe en créant un répertoire par jour, au format jj.mm.aaaa ; soit inutilisable pour moi.

Revenons au WiFI. Il affiche les SSID, et il faut entrer la clef WPA… pas facile entre les boutons et le menu ! Ensuite, il est possible d’exporter les media (photos, son, films…) vers son PC. Au final, un pilote n’a pas bien passé et je n’ai pas pu utiliser cette fonctionnalité.

Pas grave du tout : j’aime mieux prendre les fichiers photo natifs de la carte SD, et les classer selon mon arborescence.

GPS

Le GPS, certes pas indispensable, est intéressant notamment avec les produits Google comme Picasa. Le programme de gestion de photo sait interpréter le positionnement et l’affiche sur une carte en volet. Après l’enclenchement de l’appareil, le GPS a besoin d’un moment pour se situer. Et comme j’ai pris l’habitude pour minimiser la durée d’enclenchement, d’allumer l’appareil au dernier moment… le positionnement n’est dans les infos EXIF de la photo que si j’ai pris des vues consécutives.mapview

Il est aussi possible de laisser le GPS actif et d’enregistrer les points dans un fichier à intervalles régulier. À partir de ces données, on peut reconstituer un parcours dans l’espace et dans le temps. Avec au passage une diminution de l’autonomie d’énergie.

Gadgets

Le processeur de cet appareil est très performant ; on n’en doute plus. Il sert aussi à quelques gadgets, comme le détecteur de sourire ; le détecteur de scène avec un personne ; un personne et un enfant pour cibler la netteté sur les visages.

Un menu permet de préparer les prises de vues à un environnement: sélection de scènes. Pas moins de 14 préréglages : Feu d’artifice, faible lumière, animal domestique, sport, paysage lointains, etc, etc !

La série « effet de photo » dont le plus troublant est l’effet peinture, que l’on peut choisir sur 3 degrés (ou largeur de pinceau ?)

[Riviera]37 Riviera_art

Le risque est bien sûr de laisser un tel effet activé, et de continuer à cliquer sans s’en rendre compte…

Conclusion

A la question : peut-on faire mieux ? posée au début, la réponse est certes : oui, pour un prix raisonnable, on obtient un appareil léger et performant sur tous les plans. Même si c’est trop tôt pour le dire, la solidité du produit est sujette à caution. On constate aussi une complexité d’utilisation assez malvenue pour des mains novices et une course à la gadgetisation tout aussi incontournable. Mais le progrès technique est bien là, la course à la performance continue. Au bénéfice des amateurs photo tels que moi !

Yves Masur (9/2013)