Mon "Google Phone" HTC Magic

Si j’avais eu un abonnement chez Swisscom ou Orange, j’aurais pris un iPhone sans trop hésiter, vu l’enthousiasme des heureux propriétaires que je connais. Mais je suis chez Sunrise depuis longtemps, et la politique tout de même assez restrictive d’Apple sur ce qui peut tourner sur son bijou m’embête un peu, donc j’ai choisi un “Google Phone”, plus précisément le tout récent “HTC Magic” tournant sous le système d’exploitation de Google : Android.

La vidéo ci-dessous montre bien les bases d’utilisation de l’engin:

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Sur ce genre d’appareils, le téléphone n’est plus qu’une fonction parmi de nombreuses autres : ce sont de véritables ordinateurs de poche. Voici mon impression après une petite dizaine d’heures de configuration et d’utilisation.

  1. quelques secondes après la mise sous tension, j’avais tous mes contacts, mon agenda et mes e-mails dans la main : la synchronisation avec GMail et Google Agenda est un point très fort en faveur du Google Phone si vous utilisez déjà les outils de Google
  2. Le problème principal, c’est le “clavier”. Il est vraiment difficile de taper vite et juste sur les toutes petites touches apparaissant à l’écran. C’est à peine  mieux en tournant l’appareil dans le sens de la largeur, mais alors on ne voit plus rien de ce qu’il y avait à l’écran. En plus, c’est un clavier AZERTY qui apparait lorsque le système est en français …
  3. Mieux vaut avoir un WiFi sous la main pendant les premières heures d’utilisation, car on charge vite quelques dizaine de megas (l’option surf de Sunrise ne permet que 250 Mb/mois). J’ai donc commencé par charger quelques application utiles:
    • APNdroid, pour enclencher/déclencher la connexion 3G ou EDGE à volonté et éviter ainsi les mauvaises surprises en fin de mois
    • NetMeter, pour mesurer le trafic sur les différentes connexions
    • WeFi, pour se connecter automatiquement aux WiFi ouverts.
  4. Musique : un point fort de l’iPhone, c’est le célèbre iTunes et son système de synchronisation. Pour l’HTC Magic, j’ai trouvé la combinaison gagnante:
    • MediaSync” de Salling Software, qui permet de synchroniser iTunes avec beaucoup de portables non-Apple dont mon HTC Magic
    • Tunewiki. Ce player spectaculaire a immédiatement remplacé celui fourni par défaut. Il permet de naviguer dans les artistes, albums et morceaux presqu’aussi facilement qu’iTunes, affiche aussi la couverture de l’album, mais en plus il affiche les paroles de chansons (la vocation première de tunewiki, remonte les morceaux écoutés sur last.fm et, nec plus ultra, recherche sur YouTube les clips des morceaux écoutés.
  5. le PhoneBook de VoxMobili est une autre découverte remplaçant avantageusement l’application “Contacts” d’Android. On y voit d’un coup d’oeil non seulement les contacts, mais l’historique des dernières communications avec eux. Les anniversaires et leur rappel sont aussi gérés par PhoneBook
  6. Les autres applications que j’ai rapidement installées me permettent de rester connecté à facebook, LinkedIn et Meebo. NewsRob me permet de lire les dernières nouvelles de mes flux RSS sur Google Reader.  Mais surtout, Beelicious me permet de consulter mes indispensables sites favoris sur delicious.
  7. Doté d’un GPS et d’une boussole, le HTC Magic utilise évidemment Google Maps pour a “killer app” que je viens de découvrir, c’est Wikitude.
  8. Autonomie : j’ai constaté environ 8h d’utilisation intensive sur WiFi, et la batterie ne s’est vidée que de 5% pendant la nuit de 8h suivante malgré la réception de plusieurs e-mails et un tas d’applications ouvertes.

Bref, jusqu’ici je dirais que le Google Phone est au moins aussi puissant que l’iPhone, mais certainement un peu moins intuitif à utiliser. Il y a aussi moins d’applications Android pour l’instant, mais ça va changer. Voici pourquoi :

  1. Apple a une politique restrictive sur les applications qui peuvent tourner sur leur iPhone. Ils touchent notamment des royalties sur tous les logiciels vendus sur iTunes, et interdisent donc les moyens qui permettraient de contourner ce monopole. Ainsi, les iPhone ne peuvent pas faire tourner d’application Java ou Flash. Pour développer des applications pour iPhone il faut les programmer avec le langage d’Apple (Object Pascal) sur le SDK d’Apple qui tourne sur un Mac d’Apple uniquement.
  2. A l’inverse, Google joue l’ouverture : l’explorateur supporte Flash (bientôt, en fait…) et Java. Java est d’ailleurs le langage de base pour le développement d’applications Android sur la base d’un SDK disponible gratuitement sous Windows, Linux et aussi sous Mac. On voit même apparaitre des choses comme Android Scripting, qui permet de réaliser de petites applications en script LUA ou Python (mon langage préféré du moment!) , quelque chose de formellement interdit par la licence de développement d’Apple.

Apple a une longueur d’avance, mais Google va très vite. Choisis ton camp camarade, moi j’ai chooisi.

téléphone : retour à l'analogique

Il y a pile 20 ans, je terminais mon diplôme d’ingénieur informaticien à l’EPFL. A l’époque, on arrivait enfin à dépasser la bande passante du téléphone séculaire grâce à la technologie numérique : le Réseau Numérique à Intégration de Services (RNIS, ou ISDN en anglais) allait mettre au rebut nos bons vieux téléphones et ouvrir la voie au monde digital.

Dans notre maison, rénovée il y a 11 ans, j’ai donc fait installer l’e système du futur : nous avions 3 numéros de téléphone et 2 lignes pouvaient être utilisés en même temps. Nous pouvions même voir le numéro de la personne qui nous appelait! Un accès à internet à 64 kbits/s n’en utilisant qu’une, notre téléphone n’était pas bloqué pendant mes longs surfs. La nuit, on pouvait même downloader à la vitesse fulgurante de 128 kbits/s !

L’arrivée de l’ADSL a commencé à poser des problèmes : il fallait un modem spécial ISDN, et installer un “splitter”, le tout devant forcément être à la cave à l’arrivée de la ligne. Après avoir tenté d’utiliser un réseau wifi pour accéder à internet depuis le bureau au 2ème étage, j’ai du investir dans un réseau CPL (éthernet sur le réseau électrique) pour y arriver, le tout avec un surcout assez élevé par rapport à une “simple” installation analogique.

Plus récemment, nous avons du changer notre téléphone sans fil, et je me suis aperçu que le choix en ISDN était très restreint alors qu’il existe aujourd’hui des douzaines de téléphones “analogiques” munis de toutes les fonctions numériques disponibles en ISDN.

Le coup de grâce est arrivé il y a quelques semaines. Notre opérateur (Sunrise) propose désormais un bon rabais à ses clients qui combinent abonnement de téléphonie fixe, mobile et ADSL. C’est notre cas. Mais l’offre ne s’applique pas aux clients ISDN !
Hier, j’ai donc tout viré : le boitier “NT” de l’ISDN que j’avais payé une fortune, le modem Zyxel 660HW-63 et son wifi inutile, le téléphone sans fil Siemens Gigaset CX450 et l’Ascom Eurit 22 avec fil. En 2h chrono, Swisscom m’a remis ma ligne en “analogique” et j’ai refait toute mon installation téléphonique. En passant, bravo (pour une fois) à Swisscom, qui m’a fait ça pile à l’heure prévue, moins d’une semaine après ma demande par téléphone.

La nouvelle installation fonctionne mais n’est pas encore “optimisée” : le modem (Siemens SX763) est toujours à la cave et j’y accède toujours par un réseau CPL qui fait parfois des bulles, et les 2 téléphones sans fil (Siemens Gigaset A265 DUO) sont branchés sur un filtre.

L’étape suivante c’est le VoIP : en raccordant les téléphones directement au modem, celui-ci est capable de router les communications sur internet plutôt que sur le réseau analogique. Malheureusement Skype n’est pas supporté de cette façon, il faudra attendre que Sunrise propose un service VoIP à un tarif intéressant pour les particuliers.

L’ISDN est mort. Cette technologie a permis de doubler la bande passante centenaire du téléphone. 10 ans plus tard, l’ADSL l’a plus que décuplée, ce qui était considéré comme carrément impossible il y a 20 ans. Une petite prédiction ? Un gigabit par seconde dans tous les foyers en 2013 ?